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Maïanka !

Le nom claque comme une injonction.

Maïanka évoque aussi le prénom d’une héroïne féminine, dont on aurait oublié l’origine et le destin littéraires.

Seul perdurait le parfum de l’indépendance.

Se choisir un nom c’est (s)inventer une histoire.

Maïanka est née de l’affirmation, coûte que coûte, de ne jamais renoncer à la création (visuelle), de, sans relâche, produire, concevoir.

Les mains trépidantes de Maïanka dessinent, photographient, superposent, impriment, éparpillent…

Les objets Maïanka on peut les porter, les enlever, on peut les accrocher au mur, les mettre au placard, on peut les renouveler. Ils revêtent la fonction de relier, de façon gaie et inventive, un sujet à un autre (un enfant, une auteure, un cycliste, une pilote… ) , de colorer la vie en société, ces moments « ensemble ». C’est si simple. Cela reste si difficile à imposer cette idée que les gestes individuels, quotidiens, créatifs, sont la seule nécessité urgente. Allez démêler s’il s’agit de gestes appliqués, artisanaux ou artistiques. Les têtes pensantes de Maïanka n’ont pas cette prétention, elles cherchent à tisser comment nous pourrions vivre (heureux). Leur entreprise est une aventure poétique… et politique.

 

Maïanka est un prénom fabriqué avec aux commandes : Anna Ladecka et Jaga Jankowska Cappigny.

 

Polonaises, assurément, elles ont une culture du trait poétique, du geste pictural. Elles ont le sens des couleurs franches et des collages osés. En écho affirmé à l’école des beaux arts de Varsovie, elles se réinventent un atelier, mobile, souple, lumineux, où la notion de maître s’oxyde, modèle d’un autre siècle. Au fil des années, elles ont construit leurs engagements, multiples. Elles savent que l’indépendance a toujours besoin de temps indociles et parfois contradictoires, que les histoires, même fantasmées sont fragiles.

Etrangères. Elles ont eu le courage de se choisir une autre langue et viscéralement, elles tirent profit de cette mise à distance et  leur sérieux prend parfois des allures désinvoltes. Elles voyagent beaucoup, toujours en quête d’horizons éclairants. Etre d’ici et d’ailleurs leur permet de  saisir le temps présent, précisément et précieusement, d’être intensément parisiennes. Elles connaissent leur ville d’adoption, Paris, sous toutes ses nationalités.

 

Maïanka, une invitation à s’inventer des identités assumées.*

Anna Ladecka est diplômée des Beaux-Arts de Varsovie et a complété sa formation à L’École Supérieure d’Art & de Design Marseille-Méditerranée, avant de poser ses valises à Paris où elle réside et travaille en tant qu’illustratrice depuis 2006. Elle illustre des livres pour enfants (entre-autres “Mamma Mia” aux éditions Dwie Siostry, Pologne ; “Le Baudelaire” aux éditions Mango Jeunesse, France) et travaille pour la presse, ses peintures

et sérigraphies sont régulièrement exposées. La BNF a déjà acquis l’une de ses lithographies pour le département des Estampes.

 

Jaga Jankowska Cappigny, comme sa complice, est passée par les Beaux-Arts de Varsovie, avant de venir poursuivre ses études à Paris, à l’École Nationale Supérieure d’Arts de Paris-Cergy et aux Arts Décoratifs. Elle a travaillé comme illustratrice et graphiste indépendante pendant de nombreuses années. Lauréate de la Médaille de Bronze à la 19ème Biennale d’Affiche à Varsovie, elle a exposé son travail dans de nombreux pays.

 

 

*texte écrit par Vanina Pinter

photos de l'atelier Monika Glet

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